L’histoire de Montferrand et de la Léproserie d’Herbet.

Une léproserie (ou maladrerie) est un emplacement d’isolement et de prise en charge des malades de la lèpre.
Le premier
hôpital du monde musulman, et du monde, a été créée pour traiter les patients atteints de la lèpre ainsi que pour les séparer du reste de la population, aux environs de 700 ans après JC. Le premier bimaristan a été fondé à Damas sous le règne du calife omeyyade Abd al-Malik. Les léproseries ont existé depuis des temps très reculés. Saint Thomas, patron des lépreux, a été le fondateur de la première léproserie en France. Au début du XIIIe siècle, Le testament du roi Louis VIII dénombre 2000 léproseries dans le Royaume de France, un territoire plus limité que celui de la France actuelle. On les situait au bord des routes, la maladrerie des Frères du Val, à Abbeville, et la maladrerie de Saint Lazare à Saint-Ouen-l’Aumône ont par exemple été fondées au XIIe siècle, et leurs chapelles étaient souvent dédiées à saint Lazare ou à Marie-Madeleine. Cependant le culte des saints catholiques n’était pas de rigueur dans le monde musulman. Les lépreux avaient avec eux une crécelle pour annoncer leur passage
pour que les gens sains s’éloignent. L’île de
Spinalonga en Crête reste l’une des léproseries les plus connues d’Europe, la fermeture date de 1957). Et la léproserie de Fontilles en Espagne héberge toujours une quarantaine de patients.

La lèpre à Montferrand

Après le rachat de la ville de Montferrand par Philippe le Bel en 1292, le roi met la main sur la maladrerie d’Herbet qui est la plus importante et la plus riche léproserie d’Auvergne. Les consuls protestent et récupèrent la gestion et la direction de l’établissement après d’âpres négociations. Désormais le souverain garde pour lui une partie des revenus d’Herbet ; il organise aussi le Tribunal de la Purge chargé de traquer les malades pour les isoler de la société saine. Ce tribunal est complètement administré par les consuls de Montferrand, ce qui est unique en France : aucune autre institution royale ne relève ainsi de la responsabilité de simples consuls, avec compétence sur une très vaste zone géographique (Auvergne, Velay, Forez, Berry…)

A partir de 1308, les archives conservées de quelques grands procès de lépreux permettent de reconstituer toute la procédure montferrandaise d’isolement au monde des malades : repérage, examen clinique, diagnostic, enfermement, interdits et règlements de la vie en lazaret.

….et son Histoire.

Le vieux Montferrand est le quartier, plus ancien, de Clermont-Ferrand. On se retrouve dans une vraie ville tranquille et surprenante. On est bien en ville, au regret du temps de son indépendance, qui était ça fierté, qu’il ne soit pas oublié par les anciens. Il a fallu deux édits royaux, en 1630, sous Louis XIII, puis en 1731, sous Louis XV, pour réunir durablement Montferrand à Clermont qui devint Clermont-Ferrand, ville à deux têtes, ville à deux centres. Cette union essentielle et dure fit de Montferrand, puissante et riche, une cité endormie et pauvre, pendant plus de deux siècles.Bénédiction à ce déclin, qui éloignait l’attention des urbanistes, la cité fut épargnée de tout plan de modernisation, de presque toute construction ou, pis encore, de destruction intempestive jusqu’au milieu du siècle dernier. Si bien que l’on a découvert Montferrand en l’état où l’édit royal le laissa.

La ville de Montferrand, avec l’architecture monumentale publique, la belle église gothique exceptée, y étant peu représentée. Les couvents, la forteresse, les remparts et les tours n’ont pas résisté à l’érosion des temps, mais les demeures privées, les ruelles, les sculptures, les couloirs, les portes, les galeries, les balustrades, les pavements sont là, toujours, et l’on est étonné, ravi de tant d’harmonie secrète, de tant de discrétion luxueuse.
Montferrand, celle des grands, seigneurs, banquiers, négociants et celle des petits, paysans, vignerons, artisans, et au détour des rues, tel détail, perspective, évoque tantôt l’une avec ses décors de fenêtre à la mode Renaissance, de fine lave de Volvic, avec ses larges entrepôts et ses boutiques alignées, tantôt l’autre, plus proche de nous, parfois encore présente, avec ses cuvages sombres et mystérieux, ses granges à foin odorant, ses sabots de bois et sa bourrée que fait chanter la vielle. Montferrand est une cité de fondation relativement récente. Elle n’a pas encore 1000 ans. Ce sont les comtes d’Auvergne qui au début du XIIe siècle ont bâti la butte de Montferrand, y élevant un château fort, base d’attaque sur Clermont, la ville épiscopale qu’ils désiraient s’approprier. L’assaut pourtant tourna court, l’évêque avait appelé à son secours Louis VI le Gros, roi de France, son suzerain, et la venue du Duc d’Aquitaine, suzerain du comte, gela la situation. Les deux « grands » préférèrent traiter plutôt que d’engager une guerre difficile. L’évêque prend ville de Clermont, et puis le comte s’installa à Montferrand.
La répartition n’était guère égale car, en se retirant, l’armée royale ne laissait qu’une tour et son enceinte. Mais, que le traité soit intervenu à temps ou non pour éviter sa destruction, il n’en reste pas moins que la tour n’a pas été prise par les soldats du roi, et la réputation de Montferrand, place imprenable, commença à se répandre. Les marchands étaient particulièrement intéressés, d’autant que la ville était très bien située à un carrefour de grandes voies commerciales. Les comtes installèrent donc leur cour et l’essor commercial commença.
Certes, le château, les nouveaux remparts, les fossés conservaient à la cité un caractère militaire mais ces structures avaient changé d’objet, servant dès lors à protéger la richesse, les foires, les couvents, tout un afflux de gens et de biens attirés par cette cité qui monte. A la suite des troubles graves qui, à la fin du XIIe siècle ruinèrent l’Auvergne, enjeu des rivalités entre le roi de France et le roi d’Angleterre, les comtes abandonnèrent leur cour de Montferrand. Pour propulser l’activité économique et l’activité commerciale, la comtesse douairière de Montferrand G. dite « comtesse Brayère » et son fils Guillaume, promulguèrent à l’extrême fin du XIIe siècle, une charte de franchises remarquable « donnant la ville à tous les hommes et à toutes les femmes qui y prendront maison et y résideront », instituant un Corps de consuls élus par les habitants et chargés de la gestion et de la police. La ville fut étendue vers l’ouest en lotissant à perpétuité pour un très faible loyer, des parcelles de même dimension, ce qui donne aujourd’hui, le tracé des rues en damier. L’agrandissement de la ville, il faut de nouvelles protections.

Les défenses du château furent renforcées à l’ouest, le point faible, par une série de tours enserrant un passage en chicane. Ce dispositif est de nos jours noyé dans le groupe de maisons qui est au pied de l’église. Il fallut aussi construire une nouvelle enceinte à la ville. Longue de 1772 mètres, elle dépassait de plus de 250 mètres celle de Carcassonne. D’ailleurs, au XVe siècle, il faudra encore construire des remparts, tant la cité s’est développée à l’ouest. L’enceinte percée de quatre portes, la Poterne (débouché de la rue temple), l’Hôpital (place de la Fontaine) à l’Est, au Sud Bel Regard à l’Ouest (Place de la Rodade) et, Bise (place des Cordeliers) au Nord, résista autant pendant les guerres avec les Anglais et leurs alliés gascons, que pendant les guerres de religion. La ville ne fut jamais prise de force, seule la ruse fut efficace, et permit le 7 février 1388 au capitaine de routiers Perrot le Béarnais de l’investir. Le pillage dura quinze heures ! Ce début du XIIIe siècle voit aussi l’installation de religieux et d’établissements hospitaliers dont le plus célèbre est la léproserie d’Herbet. On comptera trois églises, huit couvents, dont celui des Templiers. Les marchés fréquentés : ils avaient lieu chaque vendredi et la tradition en est restée jusqu’à nos jours, les foires opulentes : foire des Rois en janvier ; foire des Provisions en février, la plus importante de toutes, petitement rappelée actuellement par la foire de la Sauvagine ; foire de la mi-carême ; foire de Saint-André, fin novembre enrichissent les marchands. La richesse crée et attire la puissance. Bientôt vient s’ajouter le prestige de nombreuses cours de justice qui fixent les magistrats et leurs gens, qui attirent de nombreux justiciables dans la ville devenue possession royale à la fin du XIIIe siècle. Furent installés un atelier monétaire, puis une cour des monnaies, un grenier à sel – la vente du sel alors denrée précieuse, était monopole du roi, il fallait donc un corps de fonctionnaires et un tribunal pour punir les fraudes – mais surtout le bailliage royal qui, en portant la justice du roi directement au cœur de l’Auvergne, ne manqua pas d’aider au développement commercial et d’élever la gloire de la ville qui en était le siège. Les banquiers et les gens nobles tiennent le haut du pavé, font construire de luxueuses demeures, quand est créée une cour des aides, la plus haute juridiction civile et criminelle, en matière fiscale, ne relevant que du Parlement de Paris. Cette cour siégeait dans le Palais-Vieux, dont on peut encore voir une porte monumentale rue du temple. Mais déjà, derrière cette apogée, s’inscrivent en filigrane, les signes du déclin. Des villes importantes et jalouses se développent trop près, Clermont, Riom, dont les revendications ne sont pas toujours sans valeur. Clermont surtout, gênée, irritée par cette rivale qui freine son expansion commerciale et administrative, va multiplier les interventions pour éliminer cette concurrente. En 1630, les efforts aboutissent en partie, le Roi Louis XIII signe l’Edit de Troyes réunissant les deux villes et transférant la Cour des Aides à Clermont. Un édit de 1731 confirma celui de 1630 et laissa d’amers regrets chez les Montferrandais qui ne se résignèrent pas à devenir une lointaine banlieue de Clermont. Désertée des riches et des grands, Montferrand devint un village de vignerons et d’agriculteurs, les fameux « mulets blancs » qui continuèrent la lutte pour l’indépendance tout au long du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, toujours en vain d’ailleurs. A Montferrand, dès le XIIIe, la lave de Volvic (andésite) est très largement utilisée, soit pour les motifs de décoration (sculptures) soit pour les arcs ou embrasures de fenêtres, soit même pour les façades entières (rue Jules Guesde, rue des Cordeliers). Que reste-il de Montferrand de nos jours ? A par les anciens remparts du XVIe dont il reste d’essentiels vestiges, rue des Fossés sous le Séminaire, rue des Fossés sous la Rodade, une tour rue de la Gravière. Le plan général de la ville dominé par la place ronde Marcel Sembat, site de l’ancien château dont il ne reste qu’une tour importante à l’entrée de la petite rue du château, et l’agencement des ensembles de maisons par rapport à deux grandes voies se croisant à angle droit, rues des Cordeliers et Jules Guesde (Nord-Sud), rues du Séminaire et de la Rodade (Est-Ouest). La plupart des rues sont parallèles à ces axes. Cependant le tracé légèrement arqué des rues de Marmilhat et du Moulin montrent les extensions successives de la ville vers l’ouest. C’est le long des deux grandes voies perpendiculaires que se trouvent la plupart des belles maisons du XVe et du XVIe siècles. Elles sont de deux types, d’une part la grande maison de pierre à deux corps de logis reliés par des galeries où l’essentiel de la décoration est concentré dans la cour intérieure (tourelle d’escalier, galeries), parfois une porte extérieure monumentale, d’autre part la maison à pans de bois et à encorbellement (c’est-à-dire dont les étages sont en saillie par rapport au sol). Ce dernier type de construction n’est représenté que sur l’axe Est-Ouest.

Montferrand a été détruit par la gauche depuis des décennies, mise au remblai pour de venir un faubourg de Clermont, la dernière en date de ça disparition est d’avoir voulu associer le Club Rugby l’AS Montferrand à Clermont, cela lui donnait encore une identité et une indépendance à son rivale de toujours. Nous attendons avec impatience le retour de Montferrand sur la scène Nationale et internationale. Vive Montferrand et fière de l’être !!

Allez voir un site remarquable intitulé les Roches des Grands Malades sur la léproserie.

D’après Jean d’Ardenne.

http://www.clubalpin.be/rochers/gdsmalades/histoire.htm

 

 

2 commentaires à “L’histoire de Montferrand et de la Léproserie d’Herbet.”


  1. 0 jeune maman 22 oct 2008 à 9:36

  2. 1 AMADIEU 9 mar 2011 à 7:51

    « Montferrand a été détruit par la gauche depuis des décennies »
    Quel rapport avec la politique ?
    Il serait plus judicieux d’étudier et d’analyser objectivement la réalité historique que de faire du « copier-coller » à partir de Wikipédia.

    Cordialement

    Christian AMADIEU

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