Les monuments religieux à Clermont-Ferrand.

Clermont-Ferrand  est classée Ville d’art et d’histoire. Beaucoup de monuments peuvent déconcerter par leurs teintes sombres qui s’étendent du gris clair au noir intense. Le matériau de construction traditionnel est en effet la pierre de Volvic issue des « cheyres » basaltiques de la chaîne des puys*.

La Cathédrale de Clermont-Ferrand.

La Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption fut mise en chantier en 1248, pour s’achever en 1902, en Pierre de Volvic noire, issue des éruptions volcaniques des ‘jeunes’ volcans auvergnats 4 à 8000 ans.
Toutefois, c’est Anatole de Baudot, élève de Viollet le Duc qui en avait établi les plans vers 1865, qu’il termina la façade occidentale en 1884. En 1794, la Cathédrale faillit être détruite par les révolutionnaires, c’est un Bénédictin, Verdier-Latour, qui réussit à les retenir, en faisant admettre que la Cathédrale conviendrait parfaitement aux rassemblements populaires. Donc l’édifice fut conservé, c’est pour cela que la Place qui termine la Rue des Gras porte le nom de ce défenseur du patrimoine. Élancée comme une flèche noire, la Cathédrale Notre – Dame, emblème de la Ville, fut très longtemps, un véritable espace commercial. Le XVIème siècle, les autorités de l’église, accordèrent le droit aux marchands d’installer leurs étals sur le parvis. La dernière échoppe disparut vers 1890.
La construction de cette œuvre est inspirée des cathédrales de l’Île de France et sa couleur noire est due à la lave de Volvic, il faut noter que c’est la seule grande cathédrale construite avec ce matériau. Après la destruction des voûtes et le comblement d’une grande partie par les fondations de l’église gothique, et d’autres dégâts au cours desquels les murs de la chapelle furent éventrés pour éventrer les placards et ouvrir de nouveaux sarcophages et créer des  accès. Les maçonneries de la cathédrale furent effectuées dans le mortier et des pierres taillées à la demande avec du mortier à liant blanc empreints de petits grains de pouzzolane noir. Le mobilier de la crypte présente aussi un grand intérêt.

 Un sarcophage en marbre du IVème siècle qui servait d’autel dans le transept nord de la cathédrale avant la Révolution. Il fut acheté en 1793 pour être transformé en abreuvoir. Récupéré après la tourmente, il servit d’autel pour la chapelle des Carmes Deschaux avant d’être transporté dans la crypte de la cathédrale en 1960. Sur la façade principale, les sujets se suivent en frise continue, encadrant la figure de la défunte dans l’attitude de l’orante, les bras levés vers le ciel, accueillie par saint Pierre et saint Paul. Ce mobilier constitue un précieux témoin des premiers temps du christianisme en Auvergne.

Un sarcophage du Vème ou VIème siècle, trouvé sous le dallage de la cathédrale en 1822, montre le Christ et les apôtres insérés dans des niches délimitées par des colonnettes.

Des fragments de corniches et de modillons à copeaux en grès de Chaptuzat, qui devaient orner la cathédrale d’Etienne II. De belles peintures murales datant du début du XIIIème ornant la partie tournante du déambulatoire auquel on accède par un petit tunnel creusé dans les fondations gothiques. Elles furent exécutées à la demande de la famille à qui l’on avait concédé l’usage d’une des chapelles. Elles représentent le Sermon sur la Montagne et la multiplication des pains, puis, presque effacée, l’Annonciation. En face : une Vierge en majesté qui faisait partie d’une Adoration des mages. Les autres scènes sont indistinctes. Elle abrite entre autres deux immenses et magnifiques rosaces en vitraux, ainsi qu’une horloge très ancienne sonnant toutes les demi-heures. Ses deux tours, achevées par Viollet le Duc au XIXe s. sont visibles de très loin et sont l’un des symboles de la ville. 

Basilique Notre-Dame du Port.

 

Notre-Dame du Port est une basilique romane située en plein cœur de Clermont-Ferrand, entre la place Delille et la cathédrale. Notre-Dame du Port doit son nom au quartier où elle a été édifiée. Pour s’y rendre, on est invité à prendre les rues étroites et pleines de charme du centre ancien, sans jamais se douter de ce que l’on va bientôt découvrir… Un monument de toute beauté, puissant et troublant à la fois. Inévitablement appelé à pousser la grande porte d’entrée, le visiteur connaîtra bientôt d’autres surprises.La basilique du Port a été inscrite en 1998 au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de l’inscription des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.  

C’est curieux  d’avoir un quartier qui s’appelle « du Port » dans une ville comme Clermont-Ferrand qui est loin de toute mer et de tout fleuve. L’origine de ce nom est « Portus », endroit où l’on déposait les marchandises. L’église originelle, fondée au VIe siècle par Saint-Avit, évêque de Clermont, elle fut rebâtie aux XIe et XIIe siècle, après avoir été brûlée par les Normands. On acheva la façade occidentale à l’instigation d’un autre évêque de Clermont, Ponce de Polignac, qui fit appel en 1185 à la générosité du clergé et des fidèles, promettant des indulgences et les prières des chanoines à qui se montrerait généreux.

Elle est  construite en arkose blonde, une sorte de grès, elle a une harmonie presque parfaite qui serait due à l’application du Nombre d’or. Elle a été remaniée au XIXe par l’ajout du clocher et de dalles de lave en remplacement des tuiles romanes d’origine. Ces dalles ont été retirées depuis et la toiture refaite à l’identique de l’originale, en tuiles canal. Le chevet est un exemple parfait de l’art roman auvergnat, il est fait de fines mosaïques, mais  l’association du clocher au XIXe siècle a dénaturé l’ensemble. À l’intérieur, on est frappé par la sobriété, le chœur est surélevé et entouré d’un déambulatoire sur lequel s’ouvrent quatre chapelles rayonnantes.

Les chapiteaux les plus beaux d’Auvergne.  

La richesse de la sculpture est visible particulièrement dans les nombreux chapiteaux historiés.
Ils semblent montrer les séquences d’un film dont on aurait seulement retenu les images essentielles: le combat des vices (avarice) et des vertus (largesse et charité), et les scènes importantes de la Bible. C’est le cas de l’un des chapiteaux les plus remarquables qui représente Adam et Ève chassés du Paradis terrestre. L’ange prend Adam par la barbe, mais celui-ci estimant ne pas avoir été le seul coupable, tire les cheveux de sa compagne. Le décor du portail sud est à lui seul une véritable bande dessinée.
Malgré les mutilations, on reconnaît parfaitement sur le linteau à gauche, l’adoration des Mages, puis la présentation au Temple et à droite le baptême du Christ. Sur le tympan, le Christ en majesté, le tétramorphe représentant les quatre évangélistes et deux séraphins (anges) dotés de plusieurs paires d’ailes avec lesquelles ils se cachent. La basilique fait partie des cinq églises romanes d’
Auvergne dites « majeures » avec Saint-Austremoine à Issoire, la basilique Notre-Dame d’Orcival, l’église de Saint-Nectaire, et celle de Saint-Saturnin.
Rénovation de la basilique Notre-dame du Port.Il y a  une importante campagne de rénovation de Notre-Dame,  elle subit actuellement de lourds travaux de restauration intérieure qui devraient s’achever en 2009. La basilique a été restituée dans l’état où elle était en 1900, c’est-à-dire avec ses couleurs d’origine et ses volumes très purs. Toutes les pierres seront nettoyées, les joints en ciment supprimés, les parements rebadigeonnés, les tableaux restaurés et les lustres refaits… La réfection prévoit également la mise aux normes de l’ensemble de l’installation électrique et du système de chauffage.

 

L’église Saint-laurent. 

Cette église se situe rue Saint Laurent, à l’origine une très ancienne église. Grégoire de Tours mentionne en 551 que son oncle l’évêque Gallus de Clermont y est enterré. Elle est aujourd’hui encastrée dans les immeubles du quartier du Port et n’est pas visible de l’extérieur. L’église actuelle est en arkose comme Notre-Dame du Port. Elle comporte une nef de deux travées et un chœur avec une travée droite et une abside en semi-circulaire en cul de four. Elle est utilisée comme église pour les messes des enfants, mais aussi comme salle de réunion et d’exposition par la paroisse.

 Saint Pierre Les Minimes. 

L’église Saint Pierre les Minimes, située en plein centre de la ville, place de Jaude, abrite un magnifique retable et présente régulièrement dans une chapelle à gauche de l’entrée des oeuvres d’art à caractère religieux.
 
Commencée dès 1630 (l’ancien couvent des Minimes) à l’époque où les couvents s’installaient un peu partout en Europe. Clermont accueille alors les pères Minimes dans un établissement construit grâce à la générosité de Marguerite Saulnier, veuve de François Lecourt, seigneur de Montdory. L’endroit n’est pas très salubre : situé en bas de la ville, entre les méandres de la Tiretaine qui sillonnent le quartier, et au bord de la place de Jaude alors encombrée de déchets. L’église fut successivement  modifiée, détruite, reconstruite et enfin achevée de 1895 à 1897, par Teillard, qui lui rajouta son dôme si caractéristique, l’église Saint Pierre Les Minimes, sévère, lourde et mal proportionnée n’est pas vraiment un édifice majeur, mais sa silhouette pataude de lave noire s’harmonise plutôt bien avec les flèches gothiques de son illustre grande sœur, la cathédrale. De belles boiseries (1736) sont toutefois dignes de la visite.

La chapelle est édifiée en lave andésite, avec sobriété et même sévérité selon les principes de vie des pères Minimes. Sous l’injonction des habitants, on décide cependant d’agrémenter la façade lourde et froide, en lui adjoignant, en 1731, deux clochers sont détruits en 1734 pour, en 1742, en construire un seul qui… s’écroule et que l’on reconstruit plus solidement immédiatement.

La Révolution approche. En 1790, la chapelle des Minimes est fermée et le monastère vidé de ses habitants. En 1793, les membres de la société jacobine investissent la chapelle pour s’y réunir, ce qui lui évitera la démolition. En revanche, l’église Saint Pierre qui se trouvait à l’emplacement du marché actuel est détruite en 1796. Elle transmettra son nom à la chapelle des Minimes après la Révolution, lorsque les paroisses seront reconstituées.

En 1857, la toiture de la nef est surélevée et l’on y ajoute un petit campanile orné des clés de Saint-Pierre. De 1895 à 1897, l’église est agrandie. L’architecte Teillard construit le chœur puis la croisée de transept en la surmontant d’un dôme et en supprimant le clocher construit en 1742.

La Chapelle des Cordeliers Vieux.


De la fin du XIIIème siècle, construite probablement en 1271, elle abrite désormais un pôle multimédia ainsi que des espaces d’expositions.

L’église Notre-Dame de la Prospérité de Monferrand. 

L’église Notre-Dame de la Prospérité, dans  Montferrand, construite entre le XIVe siècle et le XVIe siècle.

    L’église des Cames Déchaussé.

L’église des Carmes Déchaussé, construite au XVIIIe siècle sur l’emplacement d’un ancien couvent donné par l’évêque Joachim d’Estaing aux Carmes Déchaussé en 1653. Les travaux furent réalisés à partir de 1752 avec d’autres interventions plus tard. Elle est de style baroque. Son plan est dit en quatrefeuille. L’église jouxte le cimetière des Carmes où sont enterrées de nombreuses personnalités clermontoises. L’église a perdu sa vocation religieuse au début du XXe siècle et est aujourd’hui utilisée comme entrepôt.

    L’église saint-Eutrope.

L’église Saint-Eutrope , édifiée sur l’emplacement d’une basilique dédiée à Saint Étienne et détruite par les Normands. Une première église fut construite au XIIe siècle. Elle fut détruite partiellement en 1827 puis complètement en 1858. L’église actuelle a été construite entre 1858 et 1862.

     L’église Saint-Joseph.

L’église Saint Joseph construite entre 1883 et 1897 sous l’impulsion de monseigneur Joseph Boyer par les architectes Banier et Mitton , ce dernier pour la façade. Le style imite les églises romanes auvergnates. Elle comporte, entre autres, des vitraux datant de la première moitié du XXe siècle et une Adorations des mages du sculpteur Émile Gourgouillon visible au-dessus du portail d’entrée. Mais aussi un magnifique orgue qui attend depuis des années des financements pour être restaurer.

 

Sources :

http://www.art-roman.net/ndport/ndport.htm

http://www.romanes.com/Clermont/ND_Port/

http://www.amazon.fr/Auvergne-Bourbonnais-gothiques-%C3%A9difices-religieux/dp/2708406833

*http://lesirreductiblesgaulois.unblog.fr/2008/08/05/le-puy-de-dome-le-geant-des-domes/

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