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L’hôpital Sabourin.

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Le projet de l’hôpital Sabourin.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la France détenait le triste record du taux de mortalité en matière de tuberculose. Les équipements médicaux de l’époque étaient peu adaptés. Ce n’est qu’au début des années 1920 que sera mis en place un vaste plan de lutte anti-tuberculose en France. Clermont-Ferrand ne comptait à l’époque que trois hôpitaux surchargés et incapables de répondre aux nouvelles techniques médicales. C’est dans ce contexte que la ville de Clermont-Ferrand décida de se doter d’un hôpital-sanatorium moderne. Le projet de la construction de Sabourin est lancé.

La Commission administrative des Hospices civiles de Clermont-Ferrand décide en 1929 de lancer un concours pour la construction d’un « hôpital sanatorium moderne ». Un cahier des charges est établi, prévoyant notamment le nombre de lits, un allotissement du marché et une prime aux candidats. Le concours est anonyme et la Commission donne des titres aux projets reçus. Le concours est lancé par la délibération de la Commission en date du 20 décembre 1929. Le projet allait porter le nom de Sabourin, en mémoire du docteur Charles Sabourin (1849-1920). Ce docteur en médecine est reconnu pour ses travaux, très novateurs à l’époque, sur l’anatomie et la pathologie pulmonaire. C’est ainsi qu’il ouvrit le premier sanatorium de statut privé en Auvergne à Durtol, près de Clermont-Ferrand, pour mettre en pratique ses théories : un lieu de moyenne altitude adapté aux soins des tuberculeux.

Dans son procès-verbal du lundi 7 avril 1930, la Commission indique que « l’ensemble ayant été jugé nettement insuffisant tant par le manque d’études du terrain, de son orientation, de sa pente, de la nature de son sol que par le manque d’observation du programme en lui-même, la Commission décide de ne retenir aucun projet et de n’attribuer aucun prix, dès lors de ne pas ouvrir les enveloppes portant le nom des candidats ». Elle va cependant tenir compte de l’effort fourni par trois des concurrents. Toujours dans le procès verbal de 1930, elle décide d’attribuer à simple titre d’indemnité, des sommes de l’ordre de 2 000 francs à ces trois projets.

La Société Centrale des Architectes indique, par courrier du 20 mars 1930, que « la Commission mixte des Concours publics, dans sa séance du 19 mars 1930, désigne Albéric Aubert pour représenter La Société Centrale au jury du concours ». Albéric Aubert allait donc siéger au jury.

Certains candidats se sont indignés face au refus de la part de la Commission à verser les primes prévues au cahier des charges. L’architecte Paul Weber exprime cette indignation dans une lettre datée du 7 mai 1930. Puis, dans un courrier daté du 17 mai 1930, il menace la Commission de porter plainte contre elle « pour violation de ses engagements ».

Albéric Aubert sera finalement retenu comme maître d’œuvre de l’hôpital antituberculeux de Montferrand. En effet, il succède à Jean Amadon au poste d’architecte des Hospices civiles de Clermont-Ferrand, aux alentours du 1er janvier 1930. La participation de Valentin Vigneron ? Valentin Vigneron serait, selon certains, l’architecte principal de l’hôpital-sanatorium Sabourin. En effet, plusieurs documents constituent des traces étayant cette thèse. Il aurait même participé au concours pour la construction de l’hôpital antituberculeux de Montferrand, sous le nom « Air et Lumière

Construction de L’Hôpital-sanatorium Sabourin L’hôpital est construit dans les années 1930, par l’architecte clermontois Albéric Aubert, sur les coteaux du puy de Chanturgue, à l’entrée nord de Clermont-Ferrand, rue du docteur Bousquet. Le terrain a été choisi dès 1929. Le choix du puy de Chanturgue (entre 362 et 391 mètres d’altitude) répondait aux critères de l’époque d’implantation des sanatriums : protection contre les vents dominant, isolement dans la nature, possibilité de créer un parc clos et surveillé, ouverture sur le paysage, salubrité du terrain.

La plus grande aile du bâtiment principal est construite perpendiculairement aux coteaux du puy de Chanturgue. Sa façade principale est orientée vers le sud, permettant ainsi aux patients de profiter de la vue dégagée et du soleil.

L’architecture.

L’architecture est nettement influencée par les théories récentes de Gropius et du Corbusier. Il constitue le seul exemple d’architecture moderne de l’entre-deux-guerres de la région. La construction des bâtiments commença en 1932. Au départ, le site devait comporter 3 bâtiments adoptant un plan en « U ».

Premièrement, le bâtiment principal, surnommé « le paquebot » en raison de sa forme élancée sortie du flanc de la colline. Deuxièmes la villa du médecin-chef ou villa du directeur. Située au nord-ouest du bâtiment principal, elle adopte les « cinq points de l’architecture moderne »: plan libre, façade libre, pilotis, toit terrasse et fenêtre en longueur. Enfin troisièmes, le pavillon du personnel, situé au nord-est du bâtiment principal, sur deux niveaux. Il adopte un plan à redents, c’est-à-dire qu’il est composé de deux bâtiments articulés sur un troisième.

Première modification du bâtiment principal.

L’architecture de départ subit plusieurs transformations au cours de l’exécution des travaux. L’augmentation du nombre de lits qui passent à 200, avec 105 pour les hommes, 76 pour les femmes et 19 pour les enfants, la construction d’un bâtiment destiné aux chaudières centrale thermique électrique à accumulation. C’est à la suite des observations du Ministère de la Santé que ce bâtiment fut installé, ce qui pour l’architecte déséquilibra la symétrie de son projet.

La construction a connut un dépassement de budget assez important : le devis réalisé en 1930 estimait l’ouvrage à 5 630 000 francs; après travaux, le projet coûta finalement 10 004 788 francs, ce qui provoqua une polémique dans la presse. De plus, et à l’exception des marchés des terrassements, maçonnerie et béton armé, les autres marchés furent attribués en cours de chantier (par exemple, le marché pour la fourniture et l’installation d’ascenseurs et de monte-charges a été conclu le 13 mai 1933, celui de l’assainissement conclu le 10 février 1934).

Lors de la conception du bâtiment principal, l’architecte a opté pour un plan en « T », composé de deux parties:

Au sud, la partie large et étroite, longue de 96 mètres, haute de 4 étages et réservée aux salles de cures et d’ensoleillement. Au nord, l’avant-corps central relatif aux espaces d’hospitalisation et des services.

La symétrie de ce bâtiment, bien que partiellement estompée par l’ajout du bâtiment des chaudières, a été pendant longtemps exploitée par les services hospitaliers en consacrant l’aile ouest aux femmes, et l’aile est aux hommes et aux enfants. La particularité du terrain incliné avec une pente du terrain est d’environ 25° très prononcée a été exploitée de manière ingénieuse par l’architecte, l’étage dit du rez-de-chaussée est déjà, en réalité le troisième étage de l’extrémité orientale.

Les activités dans les différents étages de l’hôpital-sanatorium étaient donc construit ainsi Le troisième sous-sol, seulement à l’Est : chambres mortuaires, la petite chapelle. Le deuxième sous-sol : 16 chambres donnant sur le couloir central qui double au nord la galerie d’arrivée des malades. Le premier sous-sol : 16 chambres, salles de jeux, cinéma, les services de buanderie, de lingerie, accès au nord aux véhicules de livraison. Le rez-de-chaussée : l’entrée demi-cylindrique du poste concierge qui distribue de chaque côté l’escalier réservé aux hommes et celui réservé aux femmes, service des entrées et à la direction, le bloc-cuisine, une dizaine de chambres, des salles de repos, et les salles à manger. Le premier étage : 22 chambres (11 pour les hommes, 11 pour les femmes) disposées en « dents de scie », pour avoir une exposition permanente par le biais des baies d’équerre (sud-est, sud-ouest). Le côté nord du bâtiment est consacré au bloc médical. Le deuxième étage : divisé en quatre dortoirs, 38 lits. Le troisième étage : il présente un décrochage de plan, ce qui permettait de sortir les malades. Le vaste solarium : il couronne le bâtiment permettait aux malades d’y prendre le soleil. Ils y étaient acheminés par un système de monte-lits.

En décembre 1936 l’hôpital est mis en service sous la direction de Pierre Luton. Les activités de sanatorium du bâtiment étaient sa raison d’être. Cependant, l’établissement s’est progressivement écarté de cette activité alors que des techniques de soin de la tuberculose plus performante arrivaient pour se recentrer sur une activité essentiellement hospitalière mais toujours liée, principalement à la pneumologie.

Deuxième modification.


Après les années de guerre, le bâtiment principal subit plusieurs modifications :

-Un conduit d’évacuation des fumées est construit sur la façade, obstruant certaines terrasses; -Les stores remplacés par des volets roulants en bois, masquant ainsi les impostes vitrées;

-Un toit bombé sur l’avant-garde nord, obstruant la coupole du deuxième étage. De plus, deux nouveaux bâtiments seront construits, amputant le jardin. L’un de ces deux bâtiments avait pour objectif d’accueillir des patients, l’autre étant conçu pour abriter le service d’allergologie, donnant sur la rue Apollon.

 

Activités de l’hôpital Sabourin.

Le 16 mars 1944, le bâtiment va être partiellement détruit à la suite d’un bombardement aérien visant les usines Michelin, proche de l’hôpital-sanatorium. Les services seront alors transférés à l’Hôtel-Dieu. Le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme décide d’attribuer 900 000 francs aux Hospices civiles de Clermont-Ferrand. La Commission décide d’attribuer cette somme pour la reconstruction du sanatorium Sabourin au titre des dommages de guerre (voir la délibération de la Commission du 5 décembre 1947). dans une décision du 18 mai 1948, « La Commission administrative décide de faire procéder à la réfection des peintures de l’Hôpital-sanatorium Sabourin pour compléter la remise en état de cet établissement en partie détruit par le bombardement aérien du 16 mars 1944. Le traité a été passé avec l’entreprise David. Le montant des travaux est évalué à 9 millions. » Une lettre datée du 8 juillet 1950 indique que les travaux de reconstruction à l’identique sont terminés. Un courrier daté 2 septembre 1957 précise que Secrétariat d’État à la Reconstruction et au Logement verse une somme 1 807 962 francs pour le sinistre qui a affecté le Sanatorium Sabourin». Les années 1960 voient apparaître de nouvelles techniques de soins de la tuberculose, ce qui entraîne une modification de l’essence même du bâtiment. Certains ont parlé d’une phase d’obsolescent de l’hôpital-sanatorium. En pratique, les bâtiments se sont recentrés sur l’activité hospitalière, et non plus de sanatorium. Le panneau d’entrée situé sur l’avant-garde nord a ainsi été modifié pour suivre l’évolution des activités des lieux: de « Hôpital-sanatorium Sabourin », il est devenu « Hôpital Sabourin, centre de pneumo phtisiologie, Pierre Lutton ».

Dans les années 1970, les bâtiments vont subir une mutation fonctionnelle. Jusqu’en 1995, l’hôpital Sabourin se spécialise dans le domaine de la pneumo-allergologie (avec le service de pneumophtisiologie et le laboratoire d’allergologie). De manière générale, les modifications vont être liées à l’évolution des techniques et de la réglementation. Puis les services sont transférés sur d’autres pôles médicaux de Clermont-Ferrand. Désaffecté depuis 1997, après une période de plusieurs années où il s’est lentement détérioré, sans que les pouvoirs publics prennent conscience de son architecture. Début 2000 l’hôpital est reconnu monument historique par arrêté du 24 mars 2000, le sauvetage est in extremis du bâtiment par un groupe de passionnés. En 2002, les bâtiments sont rachetés par l’État pour y implanter l’école d’architecture. Puis en 2004 le bâtiment se voit attribuer le label de « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture et en début 2006 les travaux de restauration qui commencent par la villa du directeur.


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